Elles glissent lentement sous l’eau, majestueuses, presque éternelles… mais un regard attentif sur leur carapace rugueuse révèle souvent une scène étrange : une mosaïque de petits coquillages blancs collés comme des squatteurs. Ces petites structures, qu’on appelle bernacles ou balanes, intriguent, dérangent parfois, fascinent souvent.
Sont-elles dangereuses pour les tortues marines ? Ou simplement des passagers discrets dans l’océan ? C’est ce qu’on va découvrir.
Ces crustacés qui collent : comprendre les bernacles
Ce qu’on prend à tort pour des coquillages sont en fait des crustacés fixateurs. Oui, des cousins lointains du crabe ou de la crevette. Les bernacles marins (ou barnacles en anglais) vivent littéralement soudés à un support : rochers, coques de bateaux… ou animaux marins, comme les baleines, les dauphins… et bien sûr, nos amies les tortues.
Ils s’attachent à l’aide d’une colle naturelle extrêmement puissante, sécrétée par leurs glandes. Une fois fixés, ils vivent en filtrant le plancton dans l’eau, sans vraiment se déplacer.
Et les bernacles ne sont pas les seuls à se fixer sur des supports durs : parmi eux, un ver calcaire très courant : Ficopomatus enigmaticus ou Cascail, capable de former de véritables amas tubulaires.
Parasites, passagers… ou passagers clandestins ?
La relation entre tortues marines et bernacles est complexe. On ne peut pas les qualifier de parasites au sens strict, car les bernacles ne sucent pas le sang ni ne mangent la peau de leur hôte. On parle plutôt de commensalisme, voire de relation épibiotique. En d’autres termes, ils profitent du transport offert par la tortue, mais sans lui apporter de bénéfice.
Mais voilà : parfois, la quantité de bernacles devient problématique. Quand la carapace est littéralement envahie, cela peut :
- Augmenter la traînée hydrodynamique (ralentissant la tortue dans ses déplacements)
- Provoquer des lésions cutanées si les bernacles s’installent sur des zones molles comme le cou ou les nageoires
- Favoriser des infections bactériennes ou fongiques
- Révéler un état de santé affaibli : une tortue trop lente ou malade est plus vulnérable à l’infestation
Pourquoi certaines tortues sont couvertes de balanes ?
Toutes les tortues ne sont pas logées à la même enseigne. Une carapace incrustée de bernacles n’est pas forcément le signe d’un problème. Les jeunes tortues ou celles qui passent beaucoup de temps immobiles, blessées ou en surface, ont plus de chances de servir de support à ces crustacés opportunistes.
Parfois, des vidéos circulent montrant des pêcheurs ou des plongeurs arrachant les bernacles à la main. Bien que l’intention paraisse louable, ces gestes peuvent blesser gravement la carapace. Dans certains cas, cela peut même aggraver l’état de l’animal.

Faut-il enlever les bernacles ? Ce qu’il faut vraiment savoir
Le nettoyage des tortues marines est une pratique délicate. Retirer les bernacles n’est pas toujours nécessaire, sauf si la santé de l’animal est en jeu. Et surtout, cela ne doit jamais être fait par un particulier sans expertise.
Voici quelques recommandations simples :
| Situation | Que faire ? |
|---|---|
| Tortue avec quelques bernacles | Observer, ne pas intervenir |
| Tortue couverte + signes de blessure | Contacter un centre de soins spécialisé |
| Tortue échouée ou blessée | Ne pas la toucher, appeler les secours marins |
En France ou ailleurs, il existe des centres habilités à prendre en charge ces animaux : mieux vaut leur confier la tâche.
Sauvetages de tortues : le revers des vidéos virales
Tu as peut-être déjà vu ces vidéos où un plongeur « sauve » une tortue en grattant ses balanes sous l’eau. Ce type de contenu est devenu très populaire… mais parfois, mis en scène ou fait sans réelle connaissance des impacts sur l’animal.
Dans certains cas, cela relève plus du spectacle que du secours. Et ce sont les tortues qui en paient le prix : stress, blessures, infections.
Soyons clairs : toutes les tortues n’ont pas besoin d’être nettoyées et surtout pas pour générer des likes.
Sous la carapace, un équilibre fragile
Les bernacles sur les tortues marines sont bien plus qu’une simple question d’esthétique ou de curiosité. Ils reflètent parfois l’état de santé de l’animal, l’environnement dans lequel il évolue, et notre tendance à vouloir « aider » sans comprendre.
Observer, comprendre, respecter. C’est la meilleure façon de vraiment protéger ces créatures anciennes, qui portent parfois bien plus que des coquillages sur leur dos.

Je suis Quentin, passionné de mer, de navigation et de tout ce qui touche à la vie nautique. Sur Antifouling Pro, je partage mes conseils, découvertes et retours d’expérience autour de l’entretien bateau, mais aussi du nautisme, de la pêche, des voyages en mer et de la préservation de l’environnement marin. Mon objectif ? Accompagner les plaisanciers et amoureux de la mer avec des contenus utiles, concrets et accessibles. 



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